La communauté des adeptes de wakeboard au Québec
Choisissez votre scène :

Entrevue avec des pionniers: Dominic et Mathieu Lizotte

967 fois

L’histoire du wakeboard au Québec n’est pas vraiment documentée. Si c’était le cas, on y retrouverait un chapitre complet sur les frères Dominic et Mathieu Lizotte. Témoins de l’évolution du sport depuis les débuts, ils ont collaboré à son développement à plusieurs niveaux.

Pendant que Dominic s’assurait que les compétitions étaient bien jugées, Mathieu apprenait des manœuvres que personne d’autre ne faisait en province. Aujourd’hui, ils sont toujours impliqués dans le milieu avec le même enthousiasme des premières années. Leur relation de frères a toujours été solide et leur a permis de progresser dans le sport. C’est pourquoi ils ouvrent ensemble les portes d’un nouveau centre nautique à Chambly. Pour les années qui suivront, ils pourront ainsi partager leur expérience et leur passion pour le wake.

Histoire de famille

L’aîné, Dominic, se souvient du temps où son père avait confectionné une planche spéciale pour l’introduire à l’âge de 4 ans au monde de la glisse. « Une planche de plywood avec du tapis vert, monté sur de vieux skis, un manche de balai pour palonnier, le tout attaché à une petite chaloupe. Nous restions sur le bord de la rivière et j’étais un enfant d’eau, » dit Dominic.

Quant à son petit frère Mathieu, ce dernier n’aimait pas tellement le ski nautique. Cependant, il suivait son frère pour les sorties de skateboard et de snowboard. Un jour, où il est allé chercher un nouveau skateboard dans une boutique de Saint-Jean-sur-Richelieu. Il est revenu à la maison avec un wakeboard, plus spécifiquement un flight 69 de Wake Teck. Il était maintenant prêt à se lancer à l’eau. Il a même demandé d’utiliser le bateau de la voisine. Après 35 tentatives, il était debout, au grand bonheur de son père qui a décidé par la suite d’acheter un bateau.

De son côté, Dominic, ne voulant pas se faire damer le pion par son cadet, achète le lendemain à la même boutique sa planche, la Shapiro d’Hyperlite. En combinant son expérience derrière le bateau et sa maîtrise des sports de planche, il a progressé rapidement. « Pour moi, c’était ultra simple, à ma première sortie je grabais heelside et toeside. Quelques semaines plus tard, c’était des spins 360, un mois après des back roll, et un mois et demi plus tard des air raley. En 1995, il était probablement la première personne à exécuter cette manœuvre et la plupart des gens, à défaut de connaître son nom réel, l’appelaient Superman.

« Ce qui a contribué le plus à notre progression, c’est l’ingéniosité de notre père », ajoute Mathieu. « Il a construit une tour de 10 pieds sur notre bateau. Nautique ne l’avait pas encore inventé, nous avions l’air d’un towing. D’autres personnes appelaient notre bateau « le cancer bleu ». Je ne suis pas arrivé dans le sport avec 100 000 $ de budget et j’en suis fier. »

 

En 1997, lors du premier challenge de wakeboard au Québec, Dominic remporte la victoire, suivi de Jean-René Bertrand et de Mathieu en troisième place. Par la suite, Dominic a commencé à travailler et sa progression s’est stabilisée. Sa carrière dans le secteur pharmaceutique l’amène à déménager à Montréal. C’est à ce moment que son implication dans le monde du wakeboard prend une nouvelle forme. « Je suis devenu un juge par défaut, parce que j’étais le plus qualifié et qu’il manquait des gens pour le faire. J’étais déjà juge de karaté. C’était aussi une discipline jugée de façon subjective. Ça prenait un rider pour juger des riders. J’avais le background qui pouvait m’aider beaucoup là-dedans », explique Dominic.

En 1998, Mathieu était devenu l’un des meilleurs au pays. « Il a gagné le Championnat canadien dans la catégorie Junior Men dans l’épreuve du freestyle. C’est une épreuve qui n’existe plus aujourd’hui. On devait écrire les passes. Il a devancé Jeff Heer, Chad Sharpe », exprime fièrement Dominic.

Pour sa part, Mathieu considère que ses plus belles réussites ne sont pas des résultats de compétition. « Il faut essayer un truc plusieurs fois jusqu'à temps de le réaliser et être motivé à faire quelque chose de nouveau. Par exemple, quand j’essayais le switch back mobe, je pouvais en essayer 30 pendant une soirée. Lorsque je l’avais, c’était comme réussir l’impossible. C’était ça mon trip », explique Mathieu.

L’année dernière, Dominic remportait le titre canadien dans la catégorie Maître (30-40 ans). « Je ride plus fort maintenant que lorsque j’avais 19 ans, malgré les blessures aux épaules et aux hanches. Ça fait longtemps que je l’attendais. J’ai toujours voulu gagner dans ma catégorie », déclare Dominic.

Outre son titre de champion canadien, sa fierté provient de son niveau III de juge. Dominic est la référence dans le domaine. À titre de coordonnateur des officiels pour le Canada et formateur des officiels au Québec, il est régulièrement invité à juger les compétitions d’envergure. Mathieu a également reçu son niveau III de juge l’an passé, lorsqu’il est devenu le premier juge canadien à juger une finale des Jeux panaméricains.

Le Centre nautique Splash

En 2004, l’école de wakeboard Splash voyait le jour à Sabrevoie, un endroit où plusieurs jeunes, dont le jeune prodige Anthony Côté, recevaient des connaissances de Mathieu et Dominic. Récemment, l’opportunité d’ouvrir un centre nautique à Chambly se présente. Dominic quitte le secteur pharmaceutique pour revenir au nautisme et diriger le projet. Le centre nautique offre la location de pontons, de motomarines, de kayaks, de places à quai et, bien évidemment, la pratique des sports nautiques. Les clients intéressés à acheter de l’équipement pourront le faire par l’entremise de la boutique sur place, un concept « pro shop ».

« Au fil du temps, je me suis bâti une réputation de coach. Parce que je suis juge, les gens viennent me voir pour préparer leur run de compétition. À force de décortiquer les manœuvres et de les voir, je suis capable de bien les enseigner, malgré que je ne sois pas nécessairement capable de les réaliser. Par exemple, Mathieu fait cinq mobes. Ç’a bien pris quelqu’un pour le coacher! », dit Dominic avec humour.

De son côté, Mathieu passera l’été dans le nord. Depuis trois mois, son nouvel employeur est Ultra-Sport, le concessionnaire des bateaux Malibu. « J’aide les gens à trouver le bon bateau et m’occupe des échanges. La plupart des gens sont également intéressés à prendre un cours à domicile », dit Mathieu.

Après toutes ces années, ces pionniers du sport sont encore impliqués de façon remarquable. Tout a commencé par une histoire où deux frères avaient du plaisir à rider ensemble. Ils ont investi généreusement de leur temps pour contribuer au développement du wakeboard au Québec. Il sera intéressant de voir où les Lizotte se retrouvent dans quelques années. Il y a fort à parier qu’ils seront près de l’eau et dans un bateau à partager leur passion !

Pour communiquer avec Dominic et Mathieu, vous pouvez leur écrire à lizottedominic@hotmail.com et lizoo1979@hotmail.com.

Commentaires

Partagez votre opinion!

Vous devez vous connecter pour poster des commentaires.